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Album

Erem

Description

Ce sont les cordes pincées qui lâchent le signal : Une étincelle sonore ronde comme une bulle d’air. Appel.
La matière se réveille. Ça frotte, ça racle, ça bourdonne. Les sons fouillent la terre, la soulèvent, la bousculent et de leur puissance sourde les cloches s’agitent et tintent. Brillance crépusculaire.
Les musiciens sont à l’oeuvre. Leur jeu est jubilatoire. L’entente est rare, il n’y a pas à résister.
1/ HIVAT (faire venir, appeler)
La pulsation du gardon est chaude et vive, le souffle du saxophone, intense et découvreur. Il y a à parcourir. Ne rien s’interdire. Laisser venir. Et quand le chant atteint son paroxysme, il est total et bouleversant. Le fruit éclate et lâche ses graines. Alors le son caresse. Un chant consolateur, une compagnie de nous-mêmes, réchauffée et précieuse.
2/ HAVAKSARA est un poème, un chant des profondeurs, une progression rythmée. Il nous entraîne littéralement. Une expérience absolue et totale. Le travail dans le choix des sons et leur mise en résonance est remarquable.
3/ TUDAT (faire savoir) s’approche tout près. Il chuchote. La texture des sons est palpable. Plaisir de l’enfant excité par la peur, découvrant, les yeux comme des lunes, du bout des doigts. Le souffle de la clarinette rond, couché se lie au clapotis mat de la batterie. Il y a du silence, dans ce mouvement élancé. Une danse entre terre et ciel d’où émerge un chant porté par les gongs. Vibration sourde, immense. Gardon et cloches, encore, autrement. Le saxophone est traversé par la voix, le souffle chante. Animal à poil.
4/ AKAD (Buter) est un point d’achoppement, de fulgurance. Les sons s’ébouriffent. Un creuset à plusieurs voix, vers la déchirure, l’ouverture.
5/ TÁJ (Paysage) culbute les perspectives. Le plaisir du jeu à découvrir, à élargir. Encore, autrement. Continuer quand il s’agirait d’abandonner. Condition nécessaire de la découverte. Virevolter, se cogner. Repartir, débarrassé, agrandi. Immense espace.
6/ PATÁK NYOMA (empreintes de sabot). Le souffle de l’harmonium enfle, gonfle. Une nouvelle vague. Et cette voix de la clarinette, une caresse. Continuer à être.
7/ VÉGIG LEHET LÁTNI (Visible depuis tout temps/ On peut voir jusqu’au bout). Le final n’est peut-être qu’un début, une ouverture précieuse. Une joie profonde.

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